Foin de Crau AOP : le préféré des animaux

Un fourrage de très haute qualité

Le Foin de Crau est le premier aliment pour animaux et encore le seul aujourd’hui à bénéficier de la reconnaissance du plus haut label de qualité européen : l’Appellation d’Origine Protégée. Engagée par les producteurs dès 1948, cette démarche qualité est un gage de sécurité alimentaire pour les propriétaires attentifs au bien-être de leurs animaux.

De la mise en place des prairies à l’irrigation gravitaire, de la fertilisation sans azote ou avec très peu d’azote, aux rendements inférieurs à 10 tonnes à l’hectare, au rythme des trois récoltes ou coupes, espacées de 40 à 70 jours et enfin à l’entreposage sur place… autant de gestes fidèles au savoir-faire transmis par nos aînés, que nous perpétuons depuis le XIXe siècle.

En 2017, un nouveau cahier des charges de l’AOP Foin de Crau a été approuvé avec l’intégration de nouveaux conditionnements et la limitation des fertilisants azotés, traduisant la capacité d’adaptation d’un savoir-faire ancestral aux méthodes de production et modes de consommation actuels.

Parmi les foins les plus nutritifs au monde, le Foin de Crau peut être considéré comme un “super-aliment” pour nos animaux. Il offre une ration trois à quatre fois plus riche en minéraux et oligo-éléments que d’autres fourrages, grâce à l’eau de la Durance, très minérale, et à sa composition floristique unique.

Le Foin de Crau est aussi très apprécié par les éleveurs de chevaux et de chèvres car il est très peu poussiéreux (absence de terre et d’espèces floristiques allergènes).

Le Foin de Crau AOP revêt sa marque d’excellence : une ficelle rouge et blanche qui le distingue des autres fourrages.

Crédit photo Régis Cintas-Flores

La célèbre ficelle rouge et blanche

Le Foin, késako ?

Le foin est un fourrage constitué d’herbe fauchée, séchée et conservée pour l’alimentation des animaux herbivores durant les périodes pendant lesquelles le pâturage n’est pas possible (mauvaise saison ou période de sécheresse par exemple). Il provient le plus souvent d’une prairie.
C’était autrefois une des conditions d’existence des systèmes de type polyculture-élevage et il était indispensable aux activités utilisant des chevaux (postes, transports, armées…).

Dans les élevages modernes, il est surtout considéré comme un élément permettant d’atteindre l’indice d’encombrement de la ration nécessaire pour assurer un bon transit digestif.

L’ensemble du processus d’élaboration du foin s’appelle la fenaison. La valeur nutritive du foin dépend principalement de sa composition floristique, du stade de récolte de l’herbe et de la qualité de la fenaison (conditions de séchage).

L’Appellation d’Origine

Elle identifie un produit agricole, brut ou transformé qui :

  • Tire son authenticité et sa typicité de son origine géographique délimitée
  • Possède une notoriété dûment établie
  • Bénéficie de caractéristiques pédologique et floristique et d’un savoir-faire ancestral spécifique
  • Fait l’objet de procédures d’agrément et de contrôles

C’est la notion de terroir qui fonde le concept des Appellations d’origine. Un terroir est une zone géographique particulière où une production tire son originalité directement des spécificités de son aire de production. Espace délimité dans lequel une communauté humaine construit au cours de son histoire un savoir-faire collectif de production, le terroir est fondé sur un système d’interactions entre un milieu physique et biologique, et un ensemble de facteurs humains. Là se trouvent l’originalité et la typicité du produit. Les règles d’élaboration d’une AOP sont inscrites dans un cahier des charges et font l’objet de procédures de contrôle, mises en œuvre par un organisme indépendant agréé par l’INAO (Institut National de l’Origine et de la Qualité).

Source

Les critères stricts d’évaluation des conditions de production du Foin de Crau AOP

1. Les outils de production
• La localisation des prairies concerne une aire géographique délimitée. L’appartenance à la liste des parcelles identifiées est contrôlée (contrôle documentaire et/ou contrôle de terrain)
Localisation du hangar de stockage sur une aire géographique délimitée (contrôle documentaire et/ou contrôle de terrain)

2. Les conditions liées au cycle de production
• La composition floristique des prairies : la composition doit être conforme à la liste des variétés décrites dans le décret (contrôle visuel de terrain)
• La récolte : le délai entre chaque coupe est de 40 à 70 jours (contrôle documentaire et/ou contrôle de terrain)
• Les rendements doivent être inférieurs à 10 tonnes par hectare (contrôle documentaire)
• Les conditions de stockage avec un stockage en hangar permettant d’isoler les bottes de l’humidité des sols et des murs (contrôle de terrain).

3. Le contrôle produit
• Les caractéristiques du produit doivent être conformes à la composition floristique des prairies (examen sensoriel)
• Identification du produit par une ficelle rouge et blanche
• Bulletin d’accompagnement (contrôle visuel de terrain et contrôle documentaire)

Une garantie historique

Le bon d’accompagnement pour une traçabilité dès le chargement chez nos producteurs

Un foin sain : le Foin de Crau AOP fait partie des foins les moins poussiéreux, merci l’irrigation gravitaire !

Le Foin de Crau AOP présente des concentrations en poussière respirable et en spores fongiques peu élevées par rapport à d’autres fourrages. Il présente une qualité plus homogène par rapport aux enrubannés qui eux n’ont pas de poussière mais des concentrations en spores fongiques très importantes. Cette absence de particules peut être mise en relation avec le système d’irrigation de la Crau : le fait d’irriguer gravitairement les prairies limite la présence de terre et de déchets dans le foin et donc le développement de poussière.

Un foin appétent

Son appétibilité est reconnue grâce notamment à sa texture formée de longues tiges craquantes dont les chevaux raffolent en particulier. En effet, la première coupe est la plus riche en graminées donc en longues tiges : c’est la coupe la plus adaptée aux chevaux car riche en fibres. Par son équilibre entre graminées et légumineuses, la seconde coupe peut également convenir aux chevaux. De plus, le Foin de Crau AOP a une odeur agréable et très parfumée, ce qui attire les animaux. Et sa richesse en sodium améliore son appétence.

Un foin riche avec d’excellentes valeurs nutritionnelles

Comparé aux autres foins, le Foin de Crau AOP présente de meilleures valeurs nutritionnelles, notamment en minéraux et oligo-éléments, et offre une meilleure appétence.

Riche en calories : la valeur en unité fourragère dépend des matières azotées présentes dans le fourrage et de la cellulose brute. Une valeur unité fourragère élevée est synonyme d’une valeur en cellulose brute faible et d’une valeur de matière azotée élevée. Plus le fourrage est riche en cellulose, moins il sera digestible. Le Foin de Crau AOP fait donc partie des fourrages les plus digestibles. Ce foin présente ainsi une très bonne valeur énergétique par rapport à d’autres foins présents sur le marché.

Riche en protéines : le taux protéique du Foin de Crau AOP est également plus élevé et surtout plus régulier que celui des autres foins. Les protéines sont apportées par les légumineuses, riches en matière azotée.

Riche en matière minérale : celle-ci est considérable, grâce aux légumineuses qui complètent sa composition floristique et surtout grâce au mode d’irrigation des prairies. En effet, les eaux de la Durance sont des eaux très riches en minéraux. Le Foin de Crau AOP présente une teneur en matière minérale supérieure à toutes les autres références de foin de graminées dans le monde. Il est particulièrement riche en calcium et autres minéraux (phosphore, magnésium et potassium) et en oligo-éléments : fer, zinc, cobalt, manganèse, cuivre, iode et molybdène. Nous pouvons également noter une certaine richesse en vitamine E et sélénium qui sont des antioxydants primordiaux.

Un foin de qualité constante

Le Foin de Crau AOP est un fourrage régulier tant au niveau de sa qualité que de sa quantité. Cette régularité est le résultat de l’association de plusieurs critères de production historiques :

• Un mélange relativement homogène d’une vingtaine d’espèces végétales différentes : graminées, légumineuses, plantes diverses dans les prairies permanentes de Crau.

• Un terroir spécifique : la Crau est l’ancien delta fossile de la Durance, le sol y est caillouteux et de texture limoneuse. Les sols sont très filtrants.

• Des conditions de récolte particulières à la région (météo favorable grâce au soleil et au mistral, ce qui fait que le séchage est rapide, peu de manipulations qui abîment le foin…). Ces conditions restent spécifiques à la plaine de la Crau : c’est une des régions les plus ensoleillées de France, présentant une faible pluviométrie.

• Un savoir-faire ancestral des producteurs de foin de Crau. L’irrigation en Crau date du XVIe siècle, les prairies sont irriguées avec les eaux de la Durance qui sont d’une richesse exceptionnelle en minéraux et c’est en grande partie cette eau qui confère ses propriétés au Foin de Crau et qui en fait un fourrage d’une très grande qualité.

• Des pratiques de fertilisation raisonnées. Au niveau de la fertilisation, l’apport d’azote est limité dans le cahier des charges du Foin de Crau AOP à 40 unités par hectare (dernière modification du cahier des charges, en 2017). La fumure azotée est très peu ou pas utilisée en Crau pour préserver et éviter une simplification de la composition floristique comme c’est le cas avec les simples Ray-grass des foins agricoles classiques. L’azote favorise en effet les graminées au détriment des légumineuses et des plantes diverses (à moindre degré). La technique repose sur un équilibre entre les apports des deux éléments principaux : le phosphore et le potassium.

Le bon dosage de ces éléments est la base de l’équilibre floristique des prairies de Crau. L’azote n’est quasiment pas utilisé en Crau car il contribue à modifier l’équilibre floristique des prairies. Les rares producteurs qui en ajoutent le font après la première coupe dans le but de développer les graminées de la seconde coupe. Les graminées rendent le foin plus grossier, plus fibreux, donc plus appétant pour les chevaux.

Quels animaux consomment du Foin de Crau AOP ?

• La première coupe en mai est riche en graminées, elle convient particulièrement à l’alimentation des chevaux et à l’engraissement des bovins. La seconde coupe en juin-juillet convient aux vaches et aux brebis, car elle accroît leurs performances laitières. La troisième coupe en août-septembre est riche en légumineuses ; elle convient aux ovins et aux caprins en augmentant leur production de lait.

• Les chevaux de course sont des “clients” très importants : une grosse partie de la production est destinée aux grands entraîneurs de la région parisienne.

• Les principaux pays importateurs en 2021 : Italie, Malte, Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Irlande, Émirats Arabes unis. 71 % de la première coupe part à l’export.

Des conditionnements adaptés à chaque exigence

Dans les années 1990 et 2000, les producteurs de Foin de Crau adoptent des changements au niveau de la mécanisation de la production. En effet, pour pallier la pénibilité de la manipulation des petites balles et pour faire face au manque de main-d’œuvre pour la récolte de foin et pour le chargement des camions en hiver, beaucoup sont passés des balles de moyenne densité aux balles de haute densité avec de fait l’augmentation de la taille des outils de fenaison.

Aujourd’hui, les balles de haute densité représentent plus de 70 % de la production. La production de Foin de Crau a donc conservé encore environ 30 % de la production en balles de moyenne densité, ce qui constitue une exception à l’échelle nationale car ce type de conditionnement a quasiment disparu. Cela est dû aux exigences de notre clientèle, notamment dans le milieu des chevaux mais aussi pour la Corse où les petites balles restent privilégiées.

Où trouver notre foin garanti AOP ?